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Major Drilling Group International, le plus grand fournisseur mondial de services de forage pour le secteur minier, a affiché une hausse de chiffre d’affaires de 14,9% en glissement annuel à 184,6 millions de dollars canadiens pour son troisième trimestre fiscal clos le 31 janvier 2026, selon les résultats publiés le 25 février — mais a manqué les attentes des analystes tant sur le chiffre d’affaires que sur les résultats nets, les dépenses agressives pour se préparer à une poussée d’exploration anticipée ayant pesé sur la rentabilité.
Croissance du Chiffre d’Affaires, Compression des Marges
L’entreprise basée à Moncton, au Nouveau-Brunswick, a enregistré une perte nette de 10,8 millions de dollars canadiens, soit 0,13 $ CAD par action, comparé à une perte nette de 9,1 millions de dollars canadiens un an plus tôt. Le chiffre d’affaires s’est établi en dessous du consensus de 189,1 millions de dollars canadiens suivi par Investing.com, tandis que la perte par action de 0,13 $ CAD était bien plus élevée que la perte de 0,03 $ CAD prévue par les analystes. Malgré cette déception, les actions ont gagné 1,8% dans les échanges après bourse, selon Investing.com, les investisseurs se concentrant sur les perspectives à venir.
La détérioration la plus frappante du trimestre concernait la marge brute ajustée, qui a chuté à 14,3% contre 19,5% un an auparavant — une contraction de 5,2 points de pourcentage que l’entreprise a attribuée aux coûts anticipés dans son communiqué de résultats. Le PDG Denis Larocque a déclaré que l’entreprise s’était “agressivement préparée pour ce qui s’annonce comme une année très chargée”, conservant et embauchant des équipes pendant la période des fêtes et effectuant une maintenance d’équipement supplémentaire au-delà des niveaux normaux. Le directeur financier Ian Ross a ajouté que l’entreprise avait “proactivement commandé des fournitures supplémentaires afin de minimiser l’impact de tout retard potentiel futur des fournisseurs” alors que la demande de pièces s’accélère dans l’ensemble de l’industrie.
L’Amérique du Nord Bondit, l’Australasie Faiblit
La performance régionale a été très inégale, selon les résultats segmentés de l’entreprise. Les opérations au Canada et aux États-Unis ont livré le résultat remarquable, avec un chiffre d’affaires en hausse de 56,7% en glissement annuel à 67,4 millions de dollars canadiens grâce aux extensions de programmes qui se sont prolongées plus profondément en décembre et aux initiatives d’embauche stratégiques qui ont porté leurs fruits. Le chiffre d’affaires de l’Amérique du Sud et Centrale a légèrement progressé de 4,2% à 78,5 millions de dollars canadiens, porté par la croissance au Pérou, en Colombie et au Brésil mais partiellement compensé par les résiliations de contrats au Chili et en Argentine visant à repositionner la région vers des travaux à plus forte marge.
L’Australasie et l’Afrique, en revanche, ont contracté de 8,7% à 38,7 millions de dollars canadiens. L’entreprise a attribué cette baisse à un ralentissement avec son plus gros client en Indonésie suite à un incident minier au trimestre précédent, bien qu’elle s’attende à ce que l’activité retrouve les niveaux d’avant l’incident d’ici la fin de l’exercice fiscal. La marge brute de la région a chuté à 6,6% contre 10,3% un an plus tôt.
L’Afflux de Capitaux Miniers Lance le Cycle de Déploiement
L’argument haussier pour les trimestres à venir repose sur une vague de capitaux entrant dans le secteur minier. Larocque a cité le plus récent rapport TSX Market Intelligence montrant que les entreprises minières cotées sur le Toronto Stock Exchange et TSX Venture Exchange ont levé près de 16 milliards de dollars canadiens en actions en 2025, une augmentation de plus de 53% — un chiffre confirmé indépendamment par la divulgation du TMX Group du 26 février avant la convention PDAC 2026. L’or a représenté 39% du chiffre d’affaires trimestriel de Major Drilling, le cuivre 32%, le minerai de fer 8% et l’argent 6%, selon la transcription de l’appel des résultats, reflétant les vents porteurs des prix des matières premières sous-tendant le cycle : l’or se négocie au-dessus de 5 200 $ US l’once, selon JM Bullion, et le cuivre près de ses plus hauts historiques.
Les entreprises d’exploration junior — historiquement l’indicateur avancé le plus sensible de la demande de forage — ont atteint 10% du chiffre d’affaires trimestriel de Major Drilling, en hausse par rapport à 8% au trimestre précédent et 6% un an auparavant, selon les commentaires du directeur financier Ross lors de l’appel des résultats du 26 février. Larocque a déclaré que de nombreux clients miniers seniors avaient récemment publié des “budgets d’exploration nettement plus élevés” pour l’année civile 2026, récompensés par le marché pour l’accroissement de leurs bases de réserves.
La Flotte se Resserre alors que la Pénurie de Main-d’Œuvre Persiste
Les dépenses en capital ont totalisé 10,3 millions de dollars canadiens pour le trimestre, en baisse par rapport à 12,6 millions de dollars canadiens un an plus tôt, Ross indiquant aux analystes lors de l’appel des résultats qu’une reprise est attendue au quatrième trimestre bien que les dépenses resteront en dessous de l’objectif annuel de 70 millions de dollars canadiens. L’entreprise a ajouté de nouvelles foreuses et équipements de soutien tout en accélérant l’optimisation de la flotte en se débarrassant de 13 unités plus anciennes, réduisant la flotte totale à 697 foreuses.
La disponibilité de la main-d’œuvre reste la contrainte contraignante de l’industrie. Major Drilling a embauché et formé des équipes en avance sur la demande, mais Ross a mis en garde dans le communiqué de résultats que “bien que les marges soient attendues en expansion au cours de l’année, le rythme d’amélioration des marges devrait être à la traîne de la croissance du chiffre d’affaires”. L’entreprise s’attend à déployer des foreuses à des prix progressivement plus élevés en 2026, avec la croissance des dépenses d’exploration la plus forte concentrée au Canada et aux États-Unis et des augmentations plus graduelles ailleurs — un schéma cohérent avec la poussée d’exploration renouvelée dans des provinces canadiennes comme le Québec.
Nomination au Conseil et Perspectives
Major Drilling a annoncé la nomination de Shannon McCrae à son conseil d’administration, effective le 25 février. McCrae est une géologue professionnelle avec plus de 25 ans d’expérience couvrant l’exploration en phase précoce aux opérations sur site minier. Elle a précédemment occupé le poste de Directrice de l’Exploration et de la Croissance chez Barrick Gold et a siégé aux conseils de Gold Fields, Boart Longyear et Probe Gold, selon le communiqué de presse de l’entreprise — un ajout de gouvernance signalant l’orientation de l’entreprise vers le cycle d’exploration en phase de découverte maintenant en cours.
Le troisième trimestre fiscal est traditionnellement le plus faible de Major Drilling, les clients suspendant les programmes pendant la période des fêtes. La thèse centrale de la direction — que les prix record des matières premières, la levée de fonds TSX en hausse et l’expansion des budgets d’exploration se traduiront par une année 2026 matériellement plus chargée — fait maintenant face à un test pratique au quatrième trimestre et au-delà. Les investisseurs surveilleront si la compression des marges qui a accompagné les dépenses préparatoires de ce trimestre s’avère temporaire ou devient structurelle alors que les coûts de main-d’œuvre continuent d’augmenter dans l’ensemble du secteur du forage.